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Travail

Rupture conventionnelle 2026 : indemnité minimum et marge de négociation

·7 min de lecture

La rupture conventionnelle est devenue le mode de séparation préféré des entreprises et des salariés en CDI : ni démission, ni licenciement, mais un accord à l'amiable qui ouvre droit au chômage. Combien pouvez-vous négocier en 2026 ?

Le plancher légal

L'indemnité ne peut JAMAIS être inférieure à l'indemnité légale de licenciement : 1/4 de mois × ancienneté ≤ 10 ans, puis 1/3 de mois au-delà.

Si votre convention collective prévoit mieux, c'est ce minimum conventionnel qui s'impose. Exemple Syntec : 1/3 de mois × ancienneté dès la 1re année, dans la limite de 12 mois.

Au-dessus du plancher : la marge de négociation

En pratique, les ruptures conventionnelles oscillent entre 1× et 3× l'indemnité légale, selon plusieurs facteurs : qui demande, contexte de l'entreprise, expertise du salarié, durée d'ancienneté, marché de l'emploi.

Quand c'est le salarié qui demande : la rupture est souvent acceptée mais l'indemnité reste proche du minimum légal. Quand c'est l'employeur qui pousse (réorganisation discrète, postes en doublon) : la marge va plus haut.

Plafond fiscal : 2 PASS

L'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu jusqu'à 2 PASS (soit 96 120 € en 2026). Au-delà, la fraction excédentaire devient imposable.

Côté cotisations sociales : exonération aussi jusqu'à 2 PASS pour la fraction correspondant à l'indemnité conventionnelle, dans la limite de 6 PASS pour la totalité.

Procédure et timing

Étape 1 : entretien préalable avec l'employeur, assisté éventuellement (collègue, représentant du personnel).

Étape 2 : signature de la convention écrite (formulaire CERFA).

Étape 3 : délai de rétractation de 15 jours calendaires.

Étape 4 : transmission à la DDETS (ex-DIRECCTE) pour homologation.

Étape 5 : silence de l'administration sous 15 jours ouvrables = homologation tacite.

Total : ~6 semaines minimum entre la signature et la date effective de rupture.

Et le chômage ?

La rupture conventionnelle ouvre droit aux allocations chômage (ARE) au même titre qu'un licenciement, à condition d'avoir travaillé suffisamment (≥ 130 jours sur les 24 derniers mois pour un salarié de moins de 53 ans).

Le délai de carence dépend de l'indemnité reçue : un différé spécifique allonge le délai si le montant net dépasse l'indemnité légale. Comptez 1 jour de carence par 95,80 € d'indemnité supra-légale, plafonné à 150 jours (75 si licenciement économique).

Exemple chiffré complet

Cadre, 8 ans d'ancienneté, salaire de référence 3 800 €.

Indemnité légale minimum : 3 800 × 1/4 × 8 = 7 600 €.

Si Syntec : 3 800 × 1/3 × 8 = 10 133 €.

Négociée typique (à la demande de l'employeur) : 15 000 à 18 000 €, soit 1,5 à 2× le plancher Syntec.

Délai de carence chômage : (15 000 − 10 133) / 95,80 ≈ 51 jours.

Notre simulateur dédié

Notre page « Indemnités de rupture » calcule l'indemnité minimale (légale + majoration conventionnelle), affiche la marge typique de négociation, et indique le plancher fiscalement exonéré.

Ce qu'il faut retenir

Plancher = indemnité légale ou conventionnelle (la plus favorable).

Marge typique : 1× à 3× le plancher selon le contexte.

Exonération fiscale jusqu'à 2 PASS (96 120 € en 2026).

Ouvre droit au chômage avec carence proportionnelle à l'indemnité supra-légale.